L'inauguration d’une plaque en mémoire de la vénérable mère Marie Skobtsov au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois
L'inauguration d’une plaque en mémoire de Sainte mère Marie Skobtsov a eu lieu le 24 juin 2020 au mémorial aux émigrés russes impliqués dans la Résistance, à Sainte-Geneviève-des-Bois, près de Paris.

Une cérémonie officielle a été organisée sur le carré russe du cimetière au pied du mémorial aux émigrés russes ayant participé à la Résistance. «Evénements intrinsèquement liés entre eux. Cette victoire suscite le deuil et la tristesse», a souligné Xénia Krivochéine, artiste peintre et biographe de mère Marie Skobtsov.

En présence des autorités locales, de représentants de l'ambassade de Russie en France, de membres de la communauté russe et d'ecclésiastiques de l'Eglise orthodoxe russe, une plaque commémorative a été inaugurée à la mémoire de la mère Marie Skobtsov.

Cette femme russe, poète et artiste, arrive en France au début des années 20, juste après la Révolution et la prise du pouvoir par les communistes. Dès ses premières années en France, Marie Skobtsov s'engage dans le combat pour sauver des vies : laïque, mère de plusieurs enfants, elle rend visite aux malades dans les hôpitaux psychiatriques et distribue des repas aux pauvres. Puis, après avoir prononcé ses vœux, elle fonde un sanatorium pour les tuberculeux, un foyer et une paroisse pour les indigents, a rappelé Xénia Krivochéine. En 1932, elle décide de consacrer sa vie à Dieu et devient religieuse. Pendant les années de guerre, elle choisit son camp sans hésiter, et accomplit des actes extrêmement marquants, qui en font un des héros de cette époque impitoyable.

Pendant l'occupation allemande, intégrée à la Résistance, mère Marie aidait ceux qui risquaient d’être arrêtés à prendre la fuite, cachait les personnes déplacées d’origine soviétique et établissait de faux actes de baptême pour les juifs afin de les sauver d'une mort certaine. La courageuse mère Marie a réussi à sauver trois enfants juifs du Vélodrome d'hiver à Paris. Mais dénoncée, elle a été arrêtée par la Gestapo, puis déportée à Ravensbrück où elle a trouvé la mort seulement quelques semaines avant la fin de la guerre. 

Le 31 mars 1945, Samedi Saint, mère Marie a été envoyée à la chambre à gaz. Ses cendres ont été dispersées dans les collines voisines à 80 km au nord de Berlin. Elle donc n’a pas de sépulture, c'est pourquoi il a été décidé, à l'initiative de Xénia et Nikita Krivochéines, de placer cette plaque commémorative à sa mémoire au cimetière russe à Sainte-Geneviève-des-Bois où désormais, parmi d'autres noms, sera gravé celui de la Mère Marie Skobtsov (1891-1945). 

Après le dépôt de gerbes, Nikita Krivochéine, traducteur de nombreux ouvrages sur la vie de la Sainte Marie Skovtsov et fils du résistant Igor Krivochéine, proche de mère Marie, a rappelé que cette femme avait combattu de toutes ses forces contre le nazisme en vue de la victoire sur le mal. Depuis son enfance, après avoir rencontré la mère Marie, il a gardé pendant toute sa vie un souvenir inoubliable de sa «force d'esprit, de [...] prière, de [...] renoncement et d'abnégation de soi.»  Aujourd'hui, le nom de cette femme admirable appartient à l’histoire du XXe siècle. Des films, de nombreux ouvrages, conférences et expositions lui sont consacrés. Une rue du XVe arrondissement de Paris porte son nom, et des plaques commémoratives à sa mémoire sont visibles à Riga, Saint Pétersbourg, Anapa et Yalta.